Transfert de connaissances sur l’ammoniac

Réduction des pertes d’ammoniac de l’agriculture

Exemples pratiques

La construction signifie la prise d’orientations pour le futur. Par conséquent, il vaut la peine de mettre en œuvre des mesures de réduction des pertes d’ammoniac. Pour les étables de bovins, la recherche et les autorités conseillent actuellement deux mesures : aires de circulation avec pente transversale, rigole de récupération de l’urine et dispositif de nettoyage de la rigole, ainsi que aire d’affouragement surélevée.

Quelques exploitations innovantes ont mis en œuvre les deux mesures. Nous les avons visitées et rapportons ici leurs expériences pratiques.

D’autres exemples pratiques suivront et seront téléchargés régulièrement.

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Evacuation rapide de l'urine

Evacuation rapide de l'urine: pour des vaches aux pieds secs et moins d'émissions d'ammoniac

En avril 2014, Daniel Waser a transformé son étable en passant d'un bâtiment entravé à une stabulation libre. L'étable offre de la place pour 45 vaches laitières. Pour l'exploitant, il est important que les vaches soient au sec. De ce fait, il a réalisé des couloirs avec une pente transversale d'environ 3%. L'urine s'écoule au milieu des couloirs au fond d'une rigole d'évacuation encastrée. Daniel Waser a appris à particulièrement apprécier les racleurs automatiques qui maintiennent régulièrement les couloirs propres. Afin de rendre le sol moins glissant et réduire la pression sur les onglons, les couloirs ont de plus été équipés de tapis de caoutchouc. Le système ainsi construit comporte deux avantages bienvenus : comme l'urine s'écoule rapidement, il y a moins d'émissions d'ammoniac. En parallèle, les vaches sont au sec, ce qui est positif pour les onglons. Et si on demande à l'exploitant s'il referait la même construction, on obtient un " oui, presque " convaincu. Il voit encore un potentiel d'amélioration dans la construction des couloirs transversaux et dans l'aire d'exercice.

Acidfication du lisier

Acidification du lisier avec de l'acide sulfurique

L'acidification du lisier est une approche prometteuse. Elle permet une efficacité assez élevée et fiable à tous les niveaux d'émission.

Elle nécessite toutefois des investissements relativement importants en termes de constructions et d'installations. La manipulation de l'acide sulfurique concentré représente également un défi et ne devrait être assurée dans les exploitations agricoles que par un personnel spécialement formé. Les grandes quantités d'acide et de soufre qui sont ensuite déversées dans les prairies et les champs avec le lisier traité constituent un autre point délicat. Cela entraîne un besoin accru de chaulage et limite les quantités de lisier utilisables, en particulier dans les prairies, où les besoins en soufre sont très vite dépassés avec du lisier acidifié.

Malgré tout, l'acidification du lisier pourrait être une solution transitoire intéressante en Suisse dans les régions où il y a un grand besoin d'agir, en attendant que des technologies plus "élégantes" atteignent la maturité pratique. Mais l'important, comme pour toute mesure de réduction des émissions, est qu'elle permette en fin de compte de réduire l'apport d'azote dans le cycle, c'est-à-dire de réduire l'apport d'engrais azotés synthétiques et d'aliments pour animaux étrangers à l'exploitation.

La première installation pilote de Suisse a été mise en service récemment au domaine "Holzhof" de la famille Niederberger à Neuenkirch (LU). Dans le cadre d'études scientifiques, les questions encore en suspens concernant le procédé y seront clarifiées au cours des prochaines années.

Film sur l'installation de la ferme "Holzhof" (YouTube env. 15 min)

Aire d’affouragement surélevée

Aire d’affouragement surélevée : pas de perturbations dans l’alimentation malgré le passage du racleur


En 2010/2011, Anna et Franz Sutter ont fait construire à Lienheim (D) une stabulation ouverte avec de la place pour 60 vaches laitières.  Les vaches sont détenues exclusivement en stabulation libre. Avant la construction, la famille Sutter a beaucoup réfléchi pour atteindre un optimum en termes de bien-être animal, correspondant à leur vision personnelle (en particulier la santé des onglons, le confort dans l’aire d’alimentation et la place par animal). Les exploitants ont aussi étudié les questions du climat d’’étable, de la réduction des émissions d’ammoniac et de la charge de travail. Dans leur cas, il est apparu que cet objectif pouvait être atteint entre autres par la mise en place d’une aire d’affouragement surélevée, d’un racleur automatisé un d’un robot de traite. Pour manger, les vaches sont sur une plateforme surélevée et ne sont pas dérangées par le racleur qui nettoie les couloirs. Ceci augmente globalement l’ingestion du fourrage. Le racleur fonctionne toutes les 3 heures, et le prochain objectif est d’augmenter à une fréquence de deux heures entre chaque passage, durant la journée (pendant la période d’activité). L’installation de bat-flanc s’est avérée centrale pour le bon fonctionnement du troupeau et pour l’hygiène. Cette mesure aide aussi à réduire la surface salie par l’urine et les excréments. Les émissions d’ammoniac en sont ainsi réduites.

Alimentation biphase appauvrie en azote I

Alimentation biphase appauvrie en azote: Moins d'azote dans les urines

En 2002, Benno Fleischli a décidé de reconvertir son ancienne stabulation laitière en une porcherie de 450 places pour se spécialiser dans la production de porcs à l'engrais. Il a été rapidement convaincu de l'intérêt de l'alimentation biphase. Au cours de son expérience, il a observé que cette alimentation adaptée aux besoins est positive pour le bien-être des animaux et pour l'équilibre nutritionnel. Parallèlement, la productivité est restée du même niveau qu'avec une alimentation basée sur un aliment unique. Un entretien avec le conseiller en alimentation animale a confirmé à Benno Fleischli que son système remplissait bien les conditions requises pour être éligible à la contribution introduite en 2018 sur l'alimentation biphase appauvrie en azote (contribution à l'efficience des ressources, CER). Comme Benno Fleischli dispose déjà de l'infrastructure nécessaire, en particulier les silos pour aliments, il peut accéder aux CER sans investissement supplémentaire. Benno Fleischli pense qu'en adaptant légèrement l'alimentation biphase qu'il pratique déjà (ajustement sur les exigences de la CER), il produira toujours 3,3 lots d'engraissement par an, soit sa moyenne actuelle.

Expériences
Informations supplémentaires et bref portrait de l'exploitation
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Article Recherche Agronomique, 2019
Fiche technique Contribution pour l'alimentation biphase appauvrie en azote des porcs (CER 2018-2021) 

Alimentation biphase appauvrie en azote II

Alimentation en phases, appauvrie en azote: Moins d'azote dans les urines

Armin Scherrer de Ballwil (LU) combine un atelier naisseur avec un atelier d'engraissement de porcs sur son exploitation. Bien que les besoins des porcs en matière azotée soient plus élevés lors de la croissance que pendant l'engraissement, l'aliment contient en moyenne 10,72 g MA/MJ EDP. Ainsi, les exigences pour les contributions à l'efficience des ressources sont respectées. C'est-à-dire que la teneur en matière azotée de la ration totale par porcs ne dépasse pas 11 g par Mégajoule d'Energie Digestible Porcs (MJ EDP). Toute la nourriture est achetée et administrée sous forme sèche. L'alimentation des porcs d'engraissement est effectuée en trois phases, trois lots sont en moyenne réalisés par an. Armin Scherrer pratique l'alimentation en phases car il est convaincu qu'une ration adaptée aux besoins des animaux favorise leur santé. Les considérations économiques et environnementales ont aussi contribué à sa décision.

Expériences
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Fiche technique Contribution pour l'alimentation biphase appauvrie en azote des porcs (CER 2018-2021) 

Séchage des fientes sur tapis et épurateur d’air chimique dans le poulailler

Séchage des fientes sur tapis et épurateur d’air chimique dans le poulailler

La deuxième et la troisième génération de la famille Gisi gèrent une exploitation avicole à Mellingen (AG). A l’occasion de la construction d’un nouveau poulailler en 2014, l’épurateur d’air chimique pour poulailler « Inno Plus » certifié par DLG a été installé – première installation de ce type en Suisse. L’air d’évacuation de deux autres poulaillers de poules pondeuses est aussi conduit à travers ce purificateur. Au total, les Gisi possèdent quatre poulaillers, qui sont occupés par 14 000 animaux regroupés selon leur stade de croissance. Au fil des ans, les quatres poulaillers ont été équipés de sécheurs de fientes à tapis. La famille Gisi a réalisé ces installations pour des raisons de bien-être animal. L’épurateur d’air chimique a été quant à lui demandé par l’autorité compétente en matière de permis de construire et a été soutenu par les contributions d’un projet ressources. Andreas Gisi recommande aux éleveurs de poules pondeuses qui souhaitent installer un épurateur d’air chimique, de bien s’informer en amont sur les avantages et les inconvénients des différents systèmes. En particulier, il convient de clarifier si le système prévu fonctionne correctement dans les conditions de détention Suisses avec par exemple une litière plus épaisse dans les parcours et qui génère plus de poussière.

Expériences

Informations supplémentaires et bref portait de l’exploitation

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DLG-Prüfberichte (en allemand)

Cours de formation 2017: Réduction des émissions avec purification de l‘air vicié

Cercl’Air-Empfehlung Nr. 21-D (en allemand) 

Article Agri, décembre 2018: Recours au purificateur d’air chimique pour mieux lutter contre l’ammoniac

Laveur d’air biologique avec régulateur de pH

Laveur d’air biologique avec régulateur de pH (HK-Combi Typ 45)

Sur le domaine de Berghof à Münsterlingen (Canton TG), les porcs d’élevage et d’engraissement sont détenus dans quatre bâtiments. En décembre 2017, le nouveau bâtiment pour les truies non allaitantes a été mis en service. Dans le même temps, un laveur d’air biologique avec un régulateur de pH a été installé. Il contient un matériau de remplissage sur lequel les microorganismes décomposent les substances malodorantes et l’ammoniac, l’air est ainsi biologiquement épuré. Le pH de l’eau de lavage est automatiquement régulé à l’aide d’acide sulfurique à une valeur de 7 ; ce qui empêche l’ammonium dissous de se transformer en ammoniac et de s’échapper sous forme de gaz.

Le laveur d’air a été raccordé non seulement au nouveau bâtiment mais également aux autres bâtiments voisins déjà existants. La pose de la nouvelle conduite d’alimentation et d’évacuation d’air s’est déroulée sans problème, sans que les animaux n’aient à être évacués.

En octobre 2018, le canton de Thurgovie a effectué un contrôle de réception du laveur d’air. Il a montré un degré de séparation de l’ammoniac de l’air de 80% en moyenne. La consommation mensuelle d’acide s’est stabilisée à un niveau faible. Les performances de lavage de l’installation dépendent des microorganismes présents dans le filtre, qui dégradent les substances odorantes et l’ammoniac.

Expériences

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DLG-Prüfberichte (en allemand)

Cours de formation 2017: Réduction des émissions avec purification de l‘air vicié

Cercl’Air-Empfehlung Nr. 21-D (en allemand) 

Article Agri, décembre 2018: Recours au purificateur d’air chimique pour mieux lutter contre l’ammoniac

  • Evacuation rapide de l'urine
  • Acidfication du lisier
  • Aire d’affouragement surélevée
  • Alimentation biphase appauvrie en azote I
  • Alimentation biphase appauvrie en azote II
  • Séchage des fientes sur tapis et épurateur d’air chimique dans le poulailler
  • Der Abluftkanal führt zum Biowäscher mit pH-Regulierung
    Laveur d’air biologique avec régulateur de pH